L’univers a-t-il un sens ?

S’il n’y a pas de sens dans l’univers, ou dans quelque réalité que ce soit, alors cette affirmation même ne saurait avoir le moindre sens.

Or nous attribuons tous une signification à la proposition qu’il n’y ait pas de sens — quand bien même il n’est pas aisé de définir ou de cerner ce que pourrait être un tel sens.

Autrement dit, s’il n’y a pas de sens, alors il n’y a pas de sens (sic !), mais lorsque nous disons qu’il n’y a pas de sens – ou envisageons qu’il n’y en ait pas, nous savons ce que cela veut dire.

Je vous laisse conclure…

😉

3 pensées sur “L’univers a-t-il un sens ?”

  1. C’est l’un des rares trucs que j’ai retenu de mes cours de maths : que le domaine de définition d’une fonction fait partie de la fonction.

    Le langage est un peu comme une fonction mathématique, et si on se demande : «cette assiette a-t-elle un bord?», on sait que c’est du domaine de la réalité observable, qu’il y a une réponse. La fonction est définie.

    La tendance à généraliser nous incite rapidement à penser, faute de contre-exemple, qu’une question en : «ce truc-là a-t-il un bord?» admettra toujours une réponse. On pourra même trouver des gens pour qui c’est «évident», que la réponse existe, puisque la forme de la question n’admet qu’une réponse fermée (la logique appliquée au langage peut donner ce genre de réponses!).

    Et pourtant, bien malin celui qui peut répondre à la question «L’Univers a-t-il un bord?». Car s’il a un bord, c’est qu’il y a un «au-delà» de l’Univers, et donc que l’Univers ne contient pas tout, ce qui entre en conflit avec sa définition… Mais à l’inverse, si l’Univers n’a pas de bord, c’est qu’il a une taille infinie, et on ne voit pas bien comment c’est physiquement possible. La pensée tourne en rond, prise au piège d’un tel contre-exemple, qui met la logique en échec. Dans ce genre de cas, je considère que la sagesse c’est de dire que la question n’est pas définie.

    Après, on m’a dit que c’était «facile» de botter en touche sur une question telle que : «qu’y avait-il avant le big bang?». La preuve ici :

    http://www.artefarita.com/journel/post/2008/08/22/Qu-y-avait-il-avant-le-Big-Bang

    🙂

    Grégoire

  2. Une des premières limitations de l’esprit humain n’est-il pas dans son intention de vouloir une réponse à une question?
    De la même manière que, pour reprendre le commentaire précédent, « le domaine de définition d’une fonction fait partie de la fonction », la profondeur de la question est plus dans la question qu’elle engendrera que dans une réponse qui l’étoufferait.

  3. Oui, en effet. C’est une limitation, et un stimulant à la fois. Et c’est bien connu, il ne faut pas abuser des stimulants 😉 Car ils empêchent l’opération d’autres stimulants, plus subtils ou plus essentiels…
    En l’occurrence, la question du sens des choses étouffe celle portant sur la notion de sens, qui ouvre pourtant sur l’absurdité de la question, puisque la définition de ses termes dépend de la réponse elle-même.
    De manière générale, on se fourvoie en ne questionnant pas les termes de la question. Et ce n’est que dans cette mise en abyme que peut apparaître la singularité qui nous situe dans le monde même que nous situons…

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