Le feu des cimes

[22 avril 2007, Malargüe, Provincia de Mendoza, Argentina]

Extase céleste

Parfois, au soir comblé de vérités infuses, la force vive et sûre des paysages andins explose en saisissants hommages à la majesté.

Vibrant des milliers de ruisseaux, torrents, rios alimentés par l’aube et nourris au cristal de leurs flancs enneigés, les Andes ressuscitent un langage secret, précieux par son intimité magique, et, reflétant aux cieux des ors insoupçonnés, emplissent de puissance la sérénité.

Et les arbres s’embrasent, et l’on en voit les flammes exhausser la matière sans la consumer. Extase ! Telle est l’extase en vérité : un feu dans l’âme inoffensif au corps, un peu de Ciel mystique aux cieux astronomiques… Nonobstant la matière – le tronc, le bois, hulê ! –, un buisson ardent ! (Ô, sceau des déités humaines !)

Ô soir immense, jouvence, sommité !
Nous avons bu ton ciel et ta présence
Et nous y sommes inclinés

Tant de questions s’évanouissent en ces rivières de clarté.

Ce soir, après maints débats engourdis entre physiciens, ici, en Argentine, où nous tentons d’interpréter les messages transmis par les « rayons cosmiques ultra-énergétiques » dont nous détectons les effets dans le ciel translucide de la Pampa Amarilla, il apparaît clairement que la « précision scientifique » auto-référente est un obstacle à la pensée.

Et à la Vie !

On ne devrait jamais répondre avec précision aux questions posées de manière imprécise. Leur richesse réside si souvent dans cette imprécision même : gardons-nous de les appauvrir !

ET