Finir par être…

Au hasard de rebonds successifs de site en site sur Internet, je suis tombé sur un dictionnaire kabyle/français, à la lettre « f », où j’ai pu lire ceci :

Fak : achever
Fakel : être
Fakk : terminer

Je ne connais rien à la langue kabyle, mais je présume que les mots « Fak » et « Fakk » ont étymologiquement la même racine, puisqu’en plus de leur écriture — et probablement de leur prononciation —, leur signification est proche. Du coup, en voyant le mot « être » coincé entre ces deux verbes, je me suis dit qu’il avait peut-être aussi la même racine en kabyle…

Ce serait très intéressant. Il y aurait dans l’être quelque chose de l’ordre de l’achèvement. Comme une promesse, une aspiration. Non pas simplement une attente, mais quelque chose qui relève d’un processus actif, qui serait en cours, puisque susceptible d’être achevé… un jour. Un beau jour. Un jour extraordinaire.

Ce jour sublime où nous serons enfin !

Que l’être authentique ne soit pas donné mais à conquérir, voilà qui me semble à la fois juste et rassurant. Depuis le déchaînement de la course au « progrès », la conquête prédatrice et matérialiste du monde, la fuite en avant consumériste et satisfactionniste, on n’accorde plus la moindre attention à la qualité et à l’intensité de l’être.

Dans cette perspective sans perspective, le réel serait tout simplement donné, et donc à prendre, avec empressement et sans ménagement. La réflexion ontologique devient pour ainsi dire superflue, voire sacrilège… « hontologique ».

Aussi l’eschatologie implicite dans cette étymologie de l’être apporte-t-elle un souffle oxygénant.

Un peu d’espoir, aussi : nous allons bien finir par être ! 😉

ET

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