C’est le printemps, en Mars… et sur Mars !

3 avril 2008, 23:29 | In Non classé | 3 Commentaires

C’est le printemps !

Les cerisiers ont mis leur chemisier à fleurs
Les jonquilles s’éparpillent au pied des magnolias
Et les pommiers savants saupoudrent lentement
Leurs pétales de neige

L’esprit de l’air est là
Dans le clair de ces voix d’ondines
Accourant dévalant éclaboussant des cimes
Et vibrant aux éclats : c’est l’eau de la lumière !

dunes polaires dégelant sur Mars

Et puis, c’est aussi le printemps… sur Mars !

Cette photo, superbe, abstraite, énigmatique, montre les dunes polaires d’un sol martien en train de dégeler. S’élevant chaque jour un peu plus dans le ciel de l’hémisphère Nord de Mars, le Soleil fait fondre progressivement la glace d’eau ou de dioxyde de carbone qui recouvre la surface de la planète, laissant apparaître la couleur sombre de son sable basaltique.

En réalité, dans l’atmosphère ténue de Mars, la glace ne fond pas : elle se sublime (c’est-à-dire qu’elle passe directement de l’état liquide solide à l’état gazeux). Là où la couche de givre est la plus fine, le sable sombre qui apparaît accélère même le processus en absorbant davantage la lumière, et donc l’énergie du Soleil. Il semble que de véritables jets de gaz puissent se former occasionnellement, perçant sous la pression accumulée une couverture de glace devenue trop mince par endroits et pulvérisant dans l’air le sable ainsi libéré. Peut-être est-ce l’explication des points noirs arrondis maculant cette mer de sable insolite comme des pores énigmatiques.

Bientôt, les barkhanes sculptées par les vents des saisons passées reprendront librement leur danse inachevée.
C’est le dégel, ici, là-bas, si loin… si proche ! Car l’astre radieux qui l’initie n’est autre que le feu céleste familier des terriens : il est notre étoile commune.

Sœurs planètes, unissez vos ivresses et joignez vos destins !
Dans la flamme de vies infinies,
S’épande la lumière… et le Soleil se lève !

ET

Salutations périhéliaques !

3 janvier 2008, 19:02 | In Non classé | 3 Commentaires

Bonne année solaire à tous !

Aujourd’hui, 3 janvier, la Terre est à son périhélie.

Dans sa rotation autour du Soleil, notre planète ne décrit pas un cercle parfait, mais une ellipse. Il en est de même pour les autres planètes, ainsi que l’a découvert Képler il y a tout juste quatre siècles.
Cela signifie que la distance de la Terre au Soleil varie un peu au cours de l’année. Aujourd’hui, la Terre est au plus proche du Soleil – périhélie ; dans six mois, elle sera dans sa position la plus éloignée – aphélie (comme pour le périgée et l’apogée lorsqu’il s’agit de la distance d’un corps à la Terre, “Gê”, plutôt qu’au Soleil, “Hêlios” ;-) ).

C’est donc un nouveau cycle qui commence, et cette proximité solaire m’offre l’occasion de vous souhaiter à tous… une année–lumière !

Dans l’image ci-dessus, le Soleil point tout juste derrière une Lune éclairée par un clair de Terre légèrement bleuté, dans un balet planétaire que complètent élégamment trois discrets petits points de lumière : Mercure, Mars et Saturne !

Cette année encore, le Soleil, la Lumière, la Vie nous appellent : entrons dans la danse !

ET

Lucky Dube… free again

19 octobre 2007, 23:47 | In Non classé | 5 Commentaires

Lucky Dube, comme bien trop d’artistes reggae avant lui, a quitté hier notre dimension temporelle de manière violente, tué par balles lors d’un braquage dans la banlieue de Johannesburg. Un bandit de petit chemin voulait s’emparer de sa voiture…

Il est probable que certains lecteurs de ce blog (peut-être même la majorité ! :-( ) n’aient jamais entendu parler de Lucky Dube. Il est pourtant l’une des figures les plus emblématiques du reggae africain.

À l’époque, son album “Lucky Dube - Captured live” — joli titre, non ? —, m’avait enthousiasmé. Un album au son live vraiment exceptionnel, où il se manifeste une rare énergie, à la fois intense et légère, très ouverte, très belle, que je vous recommande !

Alors je voulais, en passant, saluer le souffle de Lucky Dube, et je saisis cette occasion pour rendre un hommage plus général à cette musique rasta qui résonne de manière à la fois intime et universelle. (Sans doute l’intime véritable est-il toujours universel, et l’universel authentique, infiniment intime…)
La liste des morts tragiques dans le reggae est malheureusement assez longue. Inutile d’en évoquer ici la douloureuse litanie. Elle souligne à l’excès la dure réalité sociale qui soutend aussi cette aventure musicale, par ailleurs d’inspiration spirituelle et mystique.

So long, Lucky, and better luck beside Jah Jah…

Jah live ! For Iver !
ET

Só no Brasil !

14 octobre 2007, 13:15 | In Non classé | 2 Commentaires

Un soir, à Rio, Ipanema, en allant déguster la fameuse pizza capricciosa de chez… “Capricciosa” bien sûr (que l’on m’a si généreusement recommandée), je remonte la rue Prudente de Morais et repère une petite bande de quatre instrumentistes semblant jouer pour les clients d’un restaurant. Quoi de plus ordinaire, me direz-vous ?

Sauf que (comme je le découvrirai plus tard) le restaurant s’appelle « Vinicius », et qu’à Ipanema, cela veut forcément dire quelque chose…

De fait, en m’approchant, je m’aperçois que la bande n’est pas seule à jouer : trois jeunes clients, manifestement eux-mêmes musiciens, ont sorti leur harmonica et ont joint leur talent et leur enthousiasme à l’humeur festive installée par le banjo et les percussionnistes. Magie d’un soir d’octobre. Les convives jouent pour la bande tout autant que l’inverse, dans une même joie partagée. Il n’y a plus que l’onde rieuse de la musique.

Ayant déjà dégusté cette verve tourbillonnante pendant quelques minutes, je saisis mon téléphone portable… pour vous proposer ici (désolé pour la très mauvaise qualité visuelle et sonore) la fin de cette petite scène improvisée ..

Le plan final ne s’invente pas.
Contient-il la clé de cet enchantement ? Clé musicale, bien sûr…

Só no Brasil !

ET

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Libérez les avatars !

10 octobre 2007, 17:29 | In Non classé | Entrez un commentaire

Voilà, on s’en rapproche de plus en plus : l’établissement d’un standard pour le développement des mondes virtuels tels Second Life, leur interopérabilité, l’apparition d’un web 3D pleinement intégré où les avatars conserveront leur identité en passant d’un environnement à l’autre, comme on se rend dans la ville voisine, et où chacun pourra proposer non seulement son propre environnement dans un monde donné, mais son propre monde au sein d’un métaverse en acte.

Pour ceux qui lisent l’anglais, voici un lien vers un article de Bits (Business, Innovation, Technology, Society) intitulé “Free the Avatars”, faisant état des réflexions avancées par Second Life et IBM à ce sujet, lors de la Virtual Worlds Conference and Expo à San Jose (Californie).

Si tout ceci n’évoque rien pour vous, vous pouvez jeter un coup d’Å“il à ce billet, publié ici-même en janvier dernier. Et peut-être serait-il temps de commencer à s’y mettre, si ce n’est déjà fait… ;-)

Second Life, ce n’est pas une deuxième vie (qui serait évidemment plus pauvre que la “première” à maints égards – mais pas tous ;-) ), tout comme Internet n’est pas un autre monde. C’est un élargissement, donc un enrichissement du monde “ordinaire”. On peut aimer son trottoir et ne pas s’abstenir de traverser la rue…

Les voyages forment la jeunesse !

ET

« Qui suis-je ? »

22 juillet 2007, 17:26 | In Non classé | 4 Commentaires

[ Petite suite au billet d’hier…
On ne veut pas manquer un visiteur, mais attention à ne pas se manquer soi-même ! ;-) ]

Qui suis-je ?

N’avez-vous jamais trouvé étrange cette continuité de l’être ?
Comment se fait-il que j’aie à chaque instant l’impression d’être le même que l’instant précédent ? Et d’ailleurs, est-ce bien vrai ? Est-ce bien vrai que je suis le même qu’il y a un instant ? Et même, est-ce bien vrai que j’ai l’impression d’être le même qu’il y a un instant ?

En fait, je n’ai véritablement cette impression que si j’y prête attention. Sinon, je ne sais même pas qui je suis ! Et quand j’y prête attention, alors ce « moi » que je suis m’apparaît tout de suite très différent du « moi » que je suppose naïvement être quand je n’y prête guère attention.
Quand je dis « c’est moi », ou « je suis moi », qui est ce « moi » ? Et surtout, qui est ce « je » qui cherche ainsi à s’identifier ?

En physique quantique, les questions de ce genre (que pose traditionnellement la physique classique ou la pensée analytique, toutes deux réalistes en un sen naïf) n’acquièrent un sens qu’au moment où la réponse est donnée. La définition d’un attribut n’a de sens que lorsque l’attribut se manifeste. Or il ne se manifeste par définition que dans la manifestation, et alors il n’est plus simplement l’attribut, mais l’attribut manifesté.

Identifier la manifestation d’une chose n’est pas identifier la chose elle-même, bien évidemment. La Physique classique admet implicitement que les choses peuvent être décrites comme l’ensemble de leurs attributs, et par un glissement hasardeux – ou parce qu’elle ne s’interroge pas véritablement sur la chose, mais seulement sur sa manifestation, i.e. le phénomène –, elle finit par adopter l’idée que les choses sont l’ensemble de leurs attributs (incluant leurs attributs constitutifs connus ou inconnus, et la manière dont elles se comportent par elles-mêmes ou en liaison avec leur environnement). Mais ce que la Physique a découvert il y a près d’un siècle, c’est qu’il n’est en réalité pas possible de relier directement les « attributs manifestés » des choses à ce qui serait des attributs plus intrinsèques. Des notions aussi élémentaires que la position, la masse, l’énergie, l’instant considéré, ou même le nombre de constituants (particules), se sont avéré n’être pas pertinentes à un niveau plus profond de l’étude de la réalité, à commencer par celui de la Physique quantique. Par exemple, demander si un électron est « ici » ou « là », c’est plaquer sur cet électron une catégorie – celle de la localisation spatiale – qui lui est étrangère, qui ne peut le saisir ou l’englober. Une expérience spécifique peut certes le localiser, le « manifester » ici ou là, mais cet électron-manifesté n’est pas l’électron, et il y a discontinuité totale, radicale, entre telle manifestation de l’électron et telle autre.

Techniquement, cette difficulté est traitée par la Physique par le biais du formalisme probabiliste, qui a le mérite de délimiter lui-même son champ de validité et d’effectivité. Mais cela n’a pas d’importance à ce niveau. Le message essentiel est ici qu’on ne peut jamais définir une chose ou l’identifier par ses attributs manifestés ou la manière dont elle se comporte.

Identifier un objet, une situation, un phénomène, s’avère au bout du compte aussi délicat qu’identifier un être. Normal : « identifier », c’est justement reconnaître l’être derrière la chose – entendons par là « reconnaître ce que la chose est ». Et cela implique de reconnaître d’abord que cette chose est, pour ensuite, en tant qu’elle est, apprécier la réalité qui conditionne ou justifie ses modes d’êtres.

C’est en ce sens qu’on indiquait plus haut que le réalisme de la Physique classique ou de la pensée analytique ordinaire est naïf. (NB : attention, cela n’implique pas qu’il faille renoncer au réalisme, mais à la naïveté quant au réalisme.)

Mais qu’entend-on au juste par « identifier » ?

Identifier, c’est reconnaître comme identique ce qui était préalablement distingué. C’est soit, à un première niveau, rapporter de l’inconnu à du connu (réaliser que « ceci », qui était à identifier, n’est en fait rien d’autre que « cela », déjà identifié), soit, à un autre niveau, accéder à une description ou une perception qui « résout » la distinction, par un processus qui consiste le plus souvent (et paradoxalement) à élucider le « connu » en « inconnu », et à reconnaître alors que deux inconnus distincts sont en réalité identiques, une seule et même entité. Les deux processus contribuent conjointement au progrès de la connaissance, en Physique comme ailleurs. (L’accession à la réalité quantique, ou à la réalité relativiste du monde physique, sont deux exemples du second processus ayant opéré en Physique.)

On estime souvent que l’indéterminé est plus vaste que le déterminé. Mais la vérité est plus radicale encore. L’indéterminé est d’une nature autre. Ce n’est pas la simple collection des possibles, ou l’un quelconque (et inconnu) des possibles. La détermination crée le déterminé.

Mais pour en revenir à la question initiale et générique – « qui suis-je ? » –, l’identification qu’elle appelle a toutes les chances de soulever les mêmes difficultés foncières que l’identification d’une chose ou d’un objet quelconque. Il n’est sans doute que temps pour l’Homme de dépasser le réalisme naïf de « l’Homme classique » (celui de la Physique classique), qui serait appréhendable par ses manifestations et sa participation (aussi complexe soit-elle) au monde physique ordinaire – classique, donc –, dont on sait bien désormais qu’il n’a d’existence que dans la représentation naïve que nous avons de l’expérience physique effective, qui est en dernière analyse une expérience conscientielle – ou, pourrions-nous même dire, « sensible donc conscientielle ».

S’identifier soi-même, dès lors, serait appréhender l’être derrière la manifestation de l’être. Ce serait donc appréhender non seulement la similitude, mais l’identité réelle de ce qui apparaît ou se manifeste comme distingué. Et cela résoudrait tranquillement le problème de la continuité de l’être, posé initialement. « Suis-je le même qu’il y a un instant ? » Oui, si je suis ce que je suis réellement, si « je suis » est l’identité–même de l’être, et non sa manifestation, changeante, méconnaissable, discontinue et transitoire. Non, si « je suis » est identifié à la projection de cet être dans la réalité classique, à la faveur d’une expérience, d’une interaction, d’une réalisation particulières. De même que l’électron est ici ou là (a telle énergie ou telle vitesse, etc.) seulement s’il est considéré du point de vue classique – dans sa « fixation » dans le monde physique classique – et cesse du même coup d’être ce qu’il est réellement, de même je suis ceci ou cela, comme ceci ou comme cela, seulement si je m’identifie à ma projection dans l’échevau des interactions ordinaires, des phénomènes classiquement manifestés. Ce faisant, je me « fixe », et perd toute continuité à la fois avec le monde quantique qui sous-tend ne serait-ce que les molécules qui composent mon corps, et avec la fixation précédente et la fixation suivante de ma personne. En un mot, je m’extrais de la continuité, du continuum de mon être même : je cesse d’être.

(Bon, allez, je vais retourner voir si quelqu’un m’attend devant ma porte ;-) )

ET

En toute logique… (suite)

21 juillet 2007, 17:37 | In Non classé | 3 Commentaires

(Petite suite au billet d’hier…)

Hier, en fin d’après-midi, après avoir posté mon petit billet sur l’usage de la logique, j’ai décidé d’aller boire un verre au café d’en face. Mais comme je ne voulais pas manquer un éventuel visiteur, j’ai laissé un mot sur ma porte : « ET est au café d’en face ».

Je ne bois guère d’ordinaire, mais il se peut que je devinsse un peu saoul. Je décidai finalement de rentrer chez moi, et en arrivant devant ma porte, je vis le mot et me dis : « Ah vraiment, cet ET, toujours en vadrouille ! ».

Je retournai donc au café d’en face, et demandai si quelqu’un savait par hasard où se trouvait ET.

« Mais, c’est vous ! », me répondit-on.

« Ah, c’est moi… », répondis-je perplexe. « Bon, alors il faut que je me dépêche de rentrer, parce qu’il y a quelqu’un qui m’attend devant ma porte ! »

ET

 

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